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Parfois j'ai peur.

Parfois j'ai peur de faire un coming out. Je vous en parle souvent, on ne fait pas un seul coming out dans sa vie quand on est LGBTQIA+, on en fait quasi quotidiennement.

Je suis super à l'aise, fière et heureuse d'être une femme lesbienne en couple avec une femme. Je suis fière d'être qui je suis et je l'affiche partout. Dans la majorité des cas, je dis avec simplicité ce que je suis, à tout le monde, le plombier ou l'institutrice.

Je suis super engagée dans la lutte contre les lgbtphobies et j'encourage chacune et chacun à être out.

Mais parfois, j'ai peur. C'est tout l'enjeu de la safe place. L'autre jour j'ai pris un taxi, il était tôt, et le chauffeur, très sympa, voulait discuter. J'avais bien 40min de route devant moi, et quand il m'a dit : votre mari, il fait quoi dans la vie ? dans ma tête tout s'est accéléré : je suis seule, en voiture, avec une personne que je ne connais pas, et si il y a 99% de chances que tout se passe bien, je n'ai pas la force. Pas la force de sentir le changement de ton, d'ambiance qui va avoir lieu, là, à 7h du matin, sur le périph parisien. Il va peut-être ne pas relever, il va peut-être être embarrassé, peut-être pas du tout, peut-être... plein de peut-être qui font que parfois, on a pas la force de porter les 35min restantes de voiture à essayer de redétendre l'atmosphère ou pas... Bref, j'ai pour principe de ne jamais mentir. Jamais je n'ai dit que j'avais un mari, ou mes enfants un père. J'en serais incapable et ce serait contre mes convictions. Mais parfois, je suis fatiguée, parfois j'ai peur, parfois je ne me sens pas en sécurité, parfois je n'ai pas l'énergie.

Et c'est ok.

Car c'est énergivore de faire son coming out tous les jours.

Alors oui, parfois je ne me sens pas safe.




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